Les compléments circonstanciels

Les compléments circonstanciels (cours de Katherine Damboise)


Roue lumineuse à Toulouse Photographie Katherine Damboise Blog de grammaire

Photographie personnelle sous copyright.

Toulouse : la roue lumineuse, située chaque été sur le quai de l'Exil républicain espagnol, se reflétant dans la Garonne.


3. Parents d'élèves, vous pouvez lire le paragraphe 2, ci-contre, qui vous permettra de mieux comprendre pourquoi vous "ne vous y retrouvez plus".

Mais, confiance, vous allez tout comprendre, maintenant ! 

Pour aller plus loin, après la séance S45

D'abord...

1. Je vous conseille de bien réviser les bases, en utilisant ma méthode de grammaire de la séance 1 à la séance 45. Pour cela, téléchargez le livre 1 (leçons et exercices) et le livre 2 (tableaux pratiques et corrigés des exercices).

 

2. Si vous êtes candidats au CRPE ou déjà enseignants, cet article va vous aider à éviter des pièges. Pourquoi ? Parce que la notion de compléments circonstanciels est devenue très ambigüe (on peut continuer à écrire : "ambiguë")  en raison des apports de la grammaire moderne, adoptée à l'Ecole par l.O. (Instructions Officielles). La grammaire classique n'est pas caduque. Vous pouvez l'utiliser, telle qu'elle est enseignée dans le "Grevisse", mais on vous demandera bien évidemment d'appliquer le programme, par conséquent : de familiariser les élèves avec la terminologie moderne. Concilier les deux approches n'est pas facile. Je vais vous donner quelques conseils utiles... 

 


Je ne peux pas le supprimer...

Vous avez une phrase, avec un verbe, un sujet et un complément du verbe. Ce complément répond à la question "où ?" 

Exemple : Je vais à Toulouse.

Je vais... où ? A Toulouse.

Dans la grammaire classique, on dit que "à Toulouse" a pour nature "groupe nominal prépositionnel" (Toulouse est un nom propre et "à" est une préposition). Ensuite, on donne sa fonction dans la phrase : complément circonstanciel de lieu, du verbe "aller".

Bien, tout cela est une réponse juste.

Toutefois, à l'école, on demande à l'élève d'utiliser des notions de grammaire moderne.

Il devra discerner si le complément "à Toulouse" peut être déplacé dans la phrase (par exemple, être mis en début de phrase) ou peut être supprimé.

Ici, on voit bien que ce n'est pas le cas. On ne peut pas écrire : Je vais.

Par conséquent, la réponse à fournir (à l'école comme au concours CRPE) est : "complément essentiel du verbe aller, exprimant le lieu", ou, plus simplement : "complément essentiel de lieu, du verbe aller" (sans parler de complément circonstanciel). 

NB : Dans ma méthode, je le fais, ce qui est un choix personnel. Je trouve cela plus exact de dire que c'est "un complément circonstanciel, qui est indispensable". Vous pourrez présenter ainsi le cas à vos élèves, mais ne le faites pas le jour du CRPE. Il vous faudra probablement choisir entre "complément essentiel" et "complément circonstanciel"... 

On notera également que le complément de lieu peut être utilisé sous la forme du pronom "y".

Je retourne à Toulouse.

J'y retourne.

Les différentes circonstances exprimées... (qu'elles le soient par un complément essentiel du verbe ou par un complément circonstanciel, de phrase) :

  • la cause (ex : Agir par dépit) le temps (ex : Je sortirai demain)
  • la durée (ex : Je travaille depuis trois mois)
  • le lieu (ex : Je reviens de Dakar ; Tu es rentré par la grande porte),
  • la manière (ex : Jules lit attentivement)
  • le but (ex : Tu t'entraînes pour réussir)
  • l'instrument (ex : J'ai coupé le tissu de mes ciseaux
  • la distance (ex : Ils se tiennent à deux mètres l'un de l'autre) 
  • le poids (ex : Cette lettre pèse vingt grammes)
  • la mesure (ex : Elle complète la recette de  cent grammes de farine)
  • la partie (ex : Il attrape le lapin par les oreilles)
  • l'accompagnement (ex : Je skie en groupe)
  • la matière (ex : Construire en bois)
  • l'opposition (ex : Il me voit malgré le brouillard)
  • le point de vue (ex : Egaler son chef en compétence)
  • le résultat (ex : Il transforma le lait en beurre)
  • etc.

Les natures du complément circonstanciel

1. Un nom, un groupe nominal, un groupe nominal prépositionnel (précédé par une préposition) :

Ces enfants meurent de dysenterie.

2. Un pronom, un groupe pronominal :

C'est pour cela que les médecins sont allés sur place.

3. Un infinitif :

Ils viennent pour vacciner.

4. Un gérondif :

Ma tante rit en pleurant.

5. Un adverbe : 

Mangeons-nous bientôt ?

6. Une proposition :

Vous verrez les Pyrénées, lorsque les nuages se seront dissipés.

 

Deux remarques  très importantes :

_ On constate que le complément circonstanciel est, le plus souvent, introduit par une préposition : de, pour, en, à...

(Cela, lorsque le complément circonstanciel n'est pas  une proposition subordonnée conjonctive ; voir cas ci-dessous).

 

_ Lorsqu'il s'agit d'une proposition subordonnée conjonctive, sa fonction devient (en grammaire moderne, celle de l'Ecole et du CRPE) : complément circonstanciel, complétant la phrase. On peut donc l'appeler "complément de phrase" (non essentiel au groupe verbal).

 

Il est introduit par une conjonction de subordination. Lorsque cette conjonction est formée de plusieurs mots, on l'appelle une "locution conjonctive". 


ATTENTION : Le complément circonstanciel, complément de phrase peut être aussi une subordonnée participiale

Le mot "noyau" de la proposition subordonnée est alors un participe.

 

Exemple : Les invités partis, je rangeai le salon.

Les invités partis : prop. subordonnée participiale (participe passé : partis), Fonction : CC de temps ; complément de phrase.

 

Les propositions subordonnées conjonctives. Fonction : complément circonstanciel de la phrase

Toutes les propositions subordonnées conjonctives qui ont une fonction de complément circonstanciel sont "compléments non essentiels du verbe", autrement dit : elles sont des "compléments de phrase" au regard de la grammaire moderne (celle de l'Ecole et du CRPE). 

N.B : Dans la grammaire classique, elles demeurent des compléments du verbe de la principale. Il n'y a pas de distinction, en terme de complément essentiel ou non.

 

Après avoir donné la nature (proposition subordonnée conjonctive) et la fonction (complément circonstanciel : CC), on précise en général :

- CC de temps.

Je sortirai dès qu'il fera beau.

Dès qu'il fera beau, je sortirai.

Je sortirai (prop. principale)

On peut généralement déplacer le CC, ou même le supprimer. 

La locution conjonctive (de subordination) est : dès que.

_CC de cause.

Tu n'arrives pas à réfléchir parce que tu t'es couché très tard.

Parce que tu t'es couché très tard, tu n'arrives pas à réfléchir.

Tu n'arrives pas à réfléchir (prop. principale)

La locution conjonctive (de subordination) est :  parce que.

NB : la cause précède le résultat exprimé dans la prop. principale : on s'est d'abord couché tard. Résultat : on n'arrive pas à réfléchir, ensuite...

_ CC de conséquence.

Tu t'es couché très tard, aussi ne peux-tu pas réfléchir.

Tu t'es couché très tard. (prop. principale). 

Dans cette phrase, on ne peut pas déplacer le complément circonstanciel, de phrase, mais on peut le supprimer.

NB : la conséquence arrive après ce qui est exprimé dans la prop. principale : on s'est d'abord couché tard, et ensuite on n'a pas pu réfléchir...

Vous voyez, grâce aux exemples de la CC de cause et de la CC de conséquence, qu'il est important de d'abord repérer la proposition principale, la phrase minimale.

 

Une petite astuce de plus pour reconnaître, à coup sûr, une CC de conséquence :

vous remplacez la locution conjonctive par celle-ci : "par conséquent".

Tu t'es couché tard, par conséquent tu ne peux pas réfléchir.

_ CC  de but :

J'ai dressé la table afin que nous mangions en famille.

_ CC d'opposition (ou "de concession") :

Que je sois malade, il me faudra  bien sortir aujourd'hui.

Bien que je sois malade, il me faudra sortir aujourd'hui.

_ CC de condition : 

Elle réussira le concours si elle s'en donne les moyens.

Qu'elle s'en donne les moyens, elle réussira le concours !

_ CC de comparaison :

Plus on est de fous, plus on rit.

 

Mais je le poursuivrai d'autant plus qu'il m'évite. (J. Racine)

 

Moins il exigeait, plus on lui accordait. (Voltaire)

 

- autres CC possibles :

  • CC de lieu
  • CC d'addition
  • CC de manière.

 

 

 


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Commentaires : 3
  • #1

    jean-joseph stephanie (mardi, 17 janvier 2017 01:02)

    Bonjour, je tenais tout d'abord à vous remercier pour cet article. j'aimerai me renseigner auprès de vous afin de savoir comment télécharger vos ouvrages. Je vous remercie d'avance pour l'attention pétées à ma requêtes, Cordialement Jean-Joseph Stéphanie.

  • #2

    Katherine Damboise (mardi, 17 janvier 2017 12:19)

    Bonjour Stéphanie,
    Pour télécharger ma méthode, il suffit de vous rendre sur l'onglet "accueil" de ce site.
    A bientôt !

  • #3

    david (lundi, 03 avril 2017 18:30)

    tres bien