Discours ; Concordance des temps

Discours ; concordance des temps

Photographie de Katherine Damboise. Méthode de grammaire gratuite, en téléchargement.

1.Le discours (ou style) direct

Il consiste à rapporter textuellement, directement, les paroles ou les pensées de quelqu'un.

Dans un récit, il y a donc une rupture : ce n'est plus le narrateur qui s'exprime mais l'un des personnages. Autrement dit, les paroles rapportées font référence à la situation d'énonciation du personnage et non du narrateur.

 

Etant donné que le discours direct permet de reproduire les hésitations, les accents, les défauts de prononciation, d’informer sur le caractère, les sentiments et les émotions des personnages, on dit qu’il crée un effet de réel.


Pour aller plus loin, après la méthode

 

Dans la méthode de grammaire de Katherine Damboise, vous avez travaillé la notion de discours direct ou indirect, dans les séances S58, S4, S55.

Si vous êtes professeurs, candidats au CRPE ou parents d'élèves, cet article va vous permettre d'en savoir plus.

 

Dans les écrits, on rencontre trois styles de discours : le discours direct, le discours indirect, et le discours indirect libre.

Selon le style de discours, le lecteur peut entendre les paroles de différents personnages :

  • rapportées telles qu'elles ont été énoncées par les personnages eux-mêmes (discours direct). 
  • rapportées par le narrateur, intégrées au récit (discours indirect).

Il est possible de transposer un discours direct en discours indirect, et inversement. Toutefois, cela induit des modifications au niveau de la ponctuation et de la conjugaison : changement de personne, de mode et de temps.

 

 

 


Le discours direct (suite)

On reconnaît un discours direct à plusieurs paramètres, indices, notamment :

  • au niveau de l'énonciation, où l'on a : 1. d'une part, le propos du narrateur contenant notamment des verbes de parole ou de pensée (avec, des sujets inversés, dans les propositions dites "incises" telles que dit-il, répond-elle...)                            2. d'autre part, les paroles directes des personnages. 
  • au niveau de la ponctuation :             - les deux points introduisent le dialogue,                         - les guillemets ouvrent le dialogue, puis le referment,                      - les tirets indiquent un changement de locuteur (celui qui parle).               Toutefois, dans les récits contemporains, la ponctuation peut être aléatoire, avec des guillemets omis.
  • au niveau de la construction : les verbes de parole ou de pensée insèrent le dialogue dans le récit, mais ils ne sont pas obligatoires. Un verbe de parole ou de pensée peut se situer :               - avant le dialogue : il est alors suivi des deux points.                          Ex : Je lui ai dit : "Viens donc dîner avec nous !"  - Par ailleurs, le verbe de parole ou de pensée peut se situer à l’intérieur du dialogue, dans une proposition incise.                           Ex : "Arthur, cria-t-elle, n'oublie pas d'acheter du pain !"                        - Enfin, le verbe de parole ou de pensée peut se situer après le dialogue.           Ex : "Tu penses qu'il fera beau demain ?" m'a demandé mon frère.

4. Le discours narrativisé

Les paroles sont transformées en narration. Dans ce discours, les paroles ou les pensées sont résumées par des verbes intégrés au récit. 

On a donc bien le système d'énonciation du récit, avec :

_ des temps de conjugaison tels que le passé simple, l'imparfait, le présent de narration.

_ l'utilisation des 3e personnes (il /elle ; ils / elles).

Exemple : Lorsqu'elle rentra du lycée, sa maman la menaça de l'enfermer dans sa chambre pour l'obliger à réviser. Cependant, son père plaida sa cause et elle put sortir.

2. Le discours (ou style) indirect

Dans le discours indirect,  les paroles sont intégrées au récit du narrateur. Elles sont donc 

  1. subordonnées à la narration, ce qui se traduit, au niveau de la syntaxe, par la présence :d'une proposition subordonnée conjonctive, introduite par la conjonction de subordination "que".  Ex : Il répondit que l'enquête était bouclée.  
  2. ou d'une proposition subordonnée interrogative indirecte, introduite par un mot interrogatif. Ex : Je lui demandai où les élèves jouaient habituellement.               
  3. ou d'un groupe infinitif prépositionnel (dont la préposition est généralement "de") dépendant d'un verbe de parole. Ex : La directrice le pria de venir de suite.

3. Le discours (style) indirect libre

Ce style de discours est indirect, mais sans les marques de subordination.

 

Les paroles relèvent, par conséquent, du même système d'énonciation que le reste de la narration mais constituent des phrases autonomes.

 

Comme dans le discours direct, elles peuvent présenter une ponctuation expressive : ? ! … afin de marquer l'intonation.

 

Ex : L'enfant protesta vivement. Il n'avait pas frappé son camarade. Il avait juste chuté contre lui. C'était vraiment injuste qu'on le punisse.

A NOTER : On trouve souvent ce style de discours dans les romans d'Emile Zola (XIXe siècle).

 

Par ailleurs, on parle de "monologue intérieur" lorsque le discours indirect libre rapporte longuement la pensée d'un personnage.

 

Il s'agit d'une technique littéraire qui permet l'expression du cheminement désordonné de la pensée, d'un point de vue intérieur.

 

Le monologue se substitue à la forme usuelle du roman, et joue un rôle important dans le roman contemporain, à partir du XXe siècle.

5. Transposition d'un discours direct en discours indirect

Dans cette transposition de discours, on note certains changements au niveau de la ponctuation (disparition de la ponctuation du dialogue : deux points, guillemets, tirets), de la syntaxe (avec l'apparition de la proposition subordonnée ou du groupe infinitif prépositionnel), et au niveau de la conjugaison :

 

_ Modification dans les personnes de conjugaison, ou dans les déterminants.

Ex 1 : Jacques dit : "Je ferai un tour de vélo demain." (discours direct)

Discours indirect : Jacques dit qu'il fera un tour de vélo demain.

Ex 2 : Il me dit : "Prends ta bicyclette !" (discours direct)

Discours indirect : Il me dit de prendre ma bicyclette.

 

_ Modification dans les adverbes et indicateurs de temps et de lieu, quand le verbe introducteur est au passé : "Aujourd'hui" devient "ce jour-là" ou "le jour même" ; "hier" devient "la veille" ; "demain" devient "le lendemain" ; "après-demain" devient "le surlendemain" ; "ici" devient "là-bas" ou "là" ; "dans quelques jours" devient "quelques jours plus tard".

 

Ex : La fillette annonça : "Je réciterai mon poème, demain." (discours direct)

Discours indirect : La fillette annonça qu'elle réciterait son poème le lendemain.

 

- Modification dans les temps de conjugaison : si le temps de la proposition principale introductive est au présent ou au futur, aucun changement n'a lieu.

Ex : Il pensera : "Je posterai la lettre après-demain."

Il pensera qu'il postera la lettre le surlendemain.

 

Par contre, si le temps du verbe introducteur, dans le discours direct, est au passé, on emploie, dans le discours indirect, la règle de la concordance des temps (cf ci-dessous).

 

_ Modification dans les modes de conjugaison : 

l'impératif est remplacé par le subjonctif ou, le plus souvent, par l'infinitif.

Ex : Il ordonne : "Venez tous !"

Discours indirect : Il ordonne de venir tous. 

Discours indirect : Il ordonne qu'on vienne tous.

 



6. La concordance des temps

Quand le verbe introducteur est un temps du passé :

- Discours direct au présent ou à l'imparfait : discours indirect à l'imparfait.

  Ex : Elles ont dit :"Nous voulons / voulions partir." 

         Elles ont dit qu'elles voulaient partir.

- Discours direct au plus-que-parfait : idem au discours indirect.

  Ex : Elles ont dit : "Nous avions voulu partir."

         Elles ont dit qu'elles avaient voulu partir.

- Discours direct au passé simple ou au passé composé : discours indirect au plus-que-parfait.

  Ex : Ils dirent :"Notre père nous téléphona /a téléphoné."

         Ils dirent que leur père leur avait téléphoné.

- Discours direct au futur simple : discours indirect au conditionnel présent.

  Ex : L'employé déclara : "Je ferai mon travail rapidement."

         L'employé déclara qu'il ferait son travail rapidement.

- Discours direct au futur antérieur : discours indirect au conditionnel passé.

  Ex : Il avait affirmé : "J'aurai terminé avant les autres."

         Il avait affirmé qu'il aurait terminé avant les autres.

- Discours direct au subjonctif présent : discours indirect au subjonctif imparfait.

  Ex : Nous avons affirmé : "Il faut qu'elle comprenne."

         Nous avons affirmé qu'il fallait qu'elle comprît.

- Discours direct au conditionnel présent ou passé : idem au discours indirect.

  Ex :  Tu pensas : "Elle  pourrait / aurait pu m'écrire !"

          Tu pensas qu'elle pourrait / aurait pu t'écrire.


VOCABULAIRE DU DISCOURS :

  • Pour déclarer quelque chose : annoncer, avertir, déclarer, promettre, admettre, décrire…
  • Pour demander : interroger, supplier, prier, suggérer, demander, s'informer…
  • Pour répondre : avouer, intervenir, répliquer, objecter, soutenir, répondre…
  • Pour ordonner : ordonner, enjoindre, intimer l’ordre…
  • Pour amorcer le dialogue  : commencer, se mettre à parler, proposer…
  • Pour reprendre le dialogue : ajouter, continuer, reprendre, enchaîner, poursuivre, confirmer, préciser, rappeler, souligner…
  • Pour interrompre le dialogue : couper, interrompre, intervenir, stopper…
  • Pour conclure le dialogue : achever, conclure, finir, épiloguer...
  • Pour exprimer un sentiment, une intensité, une intention : s’écrier, gronder, plaisanter, jubiler, s’esclaffer, menacer, injurier, vociférer, encourager, féliciter, remercier, avouer, démentir, prétendre, reconnaître, avancer, clamer, hurler, crier, tonner, murmurer, susurrer, glisser, insinuer, se plaindre, se lamenter…
  • Pour exprimer une intonation : grogner, gémir, bredouiller, …
  • Pour exprimer un défaut de prononciation : bégayer, zozoter…

Test et corrigés expliqués...

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Commentaires : 8
  • #1

    Kombieni (mercredi, 28 septembre 2016 20:57)

    Merci Katherine pour ce beau travail !

  • #2

    monia manai (jeudi, 29 septembre 2016 00:34)

    Merci Catherine pour la leçon

  • #3

    Katherine Damboise (dimanche, 20 novembre 2016 22:07)

    Je vous remercie, Monia, Kombieni, pour vos gentils messages. Je suis ravie de vous apporter mon aide. Votre soutien m'est précieux !

  • #4

    July (vendredi, 20 janvier 2017 09:32)

    Merci beaucoup de prendre du temps pour partager votre savoir et votre aide, qui m'est si précieuse, pour la préparation du CRPE.

  • #5

    Katherine Damboise (vendredi, 20 janvier 2017 12:09)

    J'espère que nous fêterons votre réussite au concours, cette année ! C'est l'objectif !

  • #6

    Mamie Fz (lundi, 17 avril 2017 17:48)

    Belle leçon. On ne peut faire plus claire et plus explicite. Encore une fois, bravo, Catherine !

  • #7

    Anne S (lundi, 01 mai 2017 12:59)

    Merci pour cette leçon complète. Cependant, je pense qu'il faut revoir la formule "pour débuter le dialogue". Le verbe "débuter" n'admet pas de COD, je crois.

  • #8

    Katherine Damboise (lundi, 01 mai 2017 14:31)

    Vous avez parfaitement raison, Anne ! Merci pour votre vigilance qui me permet de modifier le cours. �
    Effectivement, "débuter" est un verbe intransitif, contrairement à "commencer" ou "amorcer". C'est une erreur fréquente que je dois moi-même éviter.