31.05.18

LES COMPLETIVES

NATURE : La complétive est une proposition subordonnée conjonctive, qui est introduite par la conjonction de subordination QUE ou les locutions conjonctives : à ce que, de ce que, en ce que, sur ce que.

 

FONCTIONS : Elle peut remplir la plupart des fonctions non circonstancielles que remplit un nom dans une phrase simple : 

 

_ la plupart du temps, elle remplit la fonction de complément d'objet : COD du verbe de la proposition principale, ou bien COI.

On la trouve notamment après un verbe déclaratif (dire, affirmer, raconter, demander...) ou de sentiment et de volonté (penser, croire, considérer, craindre, espérer, aimer, sentir, vouloir, souhaiter, exiger...), etc.

 

C'est pour cette raison que la complétive se trouve souvent dans un discours indirect.

Exemples : Elise dit que tu viendras me voir.  (complétive de fonction COD : Elise dit QUOI ?)

Ce client du restaurant aime que les plats soient servis bien chauds.

Elle se souvient de ce que sa mère lui a dit. (complétive de fonction COI : Elle se souvient DE QUOI ?)

 

Les verbes impersonnels et les présentatifs introduisent assez couramment des complétives.

Exemples : Il faut que tous les élèves sortent immédiatement.

(verbe impersonnel : falloir ; il ne se conjugue pas à d'autres personnes)

Il est évident qu'elles réussiront leurs thèses.

(sujet réel de la formule impersonnelle)

Voilà que le directeur sort aussi !

(Voilà et voici sont des présentatifs qui signifient : "vois là " et "vois ici", ce qui explique qu'on trouve ensuite une proposition subordonnée dont la fonction "complément du présentatif" est assimilée à un COD)

 

_ De manière plus rare, la complétive peut remplir d'autres fonctions

  • Sujet de la proposition principale, dans des tournures de phrases assez lourdes. 

Exemples : Que cette personne soit triste ne doit pas te culpabiliser.

Le fait que cette personne est triste ne doit pas te culpabiliser.

L'idée que vous présentiez le projet réjouit toute l'équipe.

(dans cette phrase, certaines grammaires donnent à [que vous présentiez le projet] la fonction de complément déterminatif du nom "idée", tandis que d'autres grammaires présenteront "l'idée que" comme une sorte de locution conjonctive. Il ne faut pas s'en étonner car la grammaire moderne s'interroge sur la valeur linguistique des phrases, s'éloignant ainsi des analyses traditionnelles, plus catégoriques)

  • Attribut du sujet : Le plus drôle est que le public devine tout !
  • Complément d'un adjectif : Effrayé que sa femme ne découvre son erreur.
  • Complément d'un nom ou d'un pronom : Le temps est venu que nous parlions de cette affaire. Je le pense, que vous dites la vérité !

CONJUGAISON DANS LA COMPLETIVE : QUEL MODE UTILISER ?

 

Le verbe de la proposition complétive peut être au mode indicatif ou au mode subjonctif.

On dit, traditionnellement, que l'indicatif indique que le fait existe, qu'il est bien réel (J'affirme que le soleil se lève à l'Est), tandis que le subjonctif exprime un doute, une incertitude, ou une possibilité (Tu veux qu'ils viennent tous)

 

Toutefois, il faut reconnaître que ce n'est pas si simple que cela :

Certains verbes sont suivis d'une complétive à l'indicatif, mais le mode passe au subjonctif dans une forme négative ou un type interrogatif (Je maintiens qu'elles le font exprès. Je ne maintiens pas qu'elles le fassent exprès).

Une règle systématique est, de ce fait, assez difficile à proposer.

 

COMMENT DIFFERENCIER UNE COMPLETIVE D'UNE PROPOSITION SUBORDONNEE RELATIVE ?

 

Ce n'est pas toujours facile ! En effet, QUE peut aussi bien être un pronom relatif introduisant une proposition subordonnée relative, qu'une conjonction de subordination introduisant une proposition subordonnée conjonctive dite "complétive". Alors, que faire ?

 

QUELQUES ASTUCES 

- Le plus souvent, la PSR (la proposition subordonnée relative) suit un nom, dont elle est une expansion (on peut la remplacer par un adjectif), tandis que la complétive suit un verbe (on ne peut pas la remplacer par un adjectif).

MAIS : parfois, la complétive suit un nom (la pensée que tu m'aimes lui est insupportable).

 

_ Dans ces cas problématiques, on peut regarder le mode de conjugaison : l'indicatif dans la subordonnée indique plus volontiers une proposition relative que le subjonctif, fréquent dans les complétives.

MAIS : ce n'est pas toujours vrai !

(Tu as la preuve qu'il attend depuis longtemps)

Si le "que" n'a aucune fonction dans la subordonnée, s'il ne remplace pas un antécédent, alors nous avons une proposition complétive.

Dans notre exemple, si ce "qu'il attend" est la preuve, c'est une relative. 

Tu as la preuve ; la preuve qu'il attend.

Mais si ce n'est pas le sens de ta phrase : si tu veux juste dire que tu sais parfaitement qu'il attend depuis longtemps (quelque chose), alors c'est une complétive car "que" ne reprend pas "la preuve".

 


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