Les figures de style (2)


Une figure de style, du latin figura, est un procédé d’expression qui s’écarte de l’usage ordinaire de la langue et donne une expressivité particulière au propos. On parle également de figure de rhétorique ou de figure du discours

Voyons :

A. Les figures de sens et de pensée

B. Les figures de construction

C. Les figures de sonorité

 

NB : Ce cours n'est pas exhaustif mais il suffit pour répondre aux questions du CRPE.

Pour nommer plus précisément certaines figures de style, vous pouvez cliquer sur le bouton, ci-dessous (attention : vous quittez mon site) :


B. Les figures de construction

1. le parallélisme

 

Les éléments de la phrase, de même longueur, sont disposés selon la structure AB-AB, que l'on peut appeler "structure en miroir" : elle permet de mettre en parallèle une similitude ou une divergence (proche, alors, de "l'antithèse". cf la partie A de ce cours)

Exemples : "Mon cheval sera la joie, Ton cheval sera l'amour" (Victor Hugo)

"Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris" (Baudelaire)

2. Le chiasme

Dans le chiasme, les termes sont disposés de manière croisée : AB-BA. Elle permet, comme le parallélisme, de souligner une similitude ou une opposition.

Exemples : "Vous êtes aujourd'hui ce qu'autrefois je fus" (Pierre Corneille)

"Un roi chantait en bas, en haut mourait un Dieu" (Victor Hugo)

 

3. L'anaphore

Figure d'insistance, elle consiste à répéter un même mot ou une même expression, au début d'un vers, d'une strophe ou d'une proposition, d'une phrase.

Exemple : "Toujours aimer, toujours souffrir, toujours mourir" (Pierre Corneille)

4. L'accumulation

 

Elle ajoute, pêle-mêle, des termes plus ou moins synonymes

Exemple : "adieu, veau, vache, cochon, couvée" (Jean de la Fontaine) 

5. La gradation

 

Cette accumulation (cf ci-dessus) va crescendo ou decrescendo.

Exemple : "un souffle, une ombre, un rien" (Jean de la Fontaine). Ici, cela va decrescendo...

6. L'anacoluthe

Une anacoluthe consiste en une rupture de la construction syntaxique correcte. On commence une phrase et on la termine autrement. C'est une maladresse grammaticale qui sert à apporter un effet de surprise.

Exemple :"Et pleurés du Vieillard, il grava sur leur marbre" (Jean de la Fontaine). Ici, "pleurés" se rapporte aux trois jeunes hommes, et non pas au sujet "il", le vieillard (cela signifie que les trois jeunes hommes furent pleurés du vieillard, qui grava sur leur marbre).

 

7. La parataxe (ou "disjonction")

Elle consiste en l'effacement des conjonctions de coordination ou de subordination, des prépositions, ou même des verbes. Les propositions sont simplement juxtaposées les unes aux autres. Cela donne un style "coupé" ou "télégraphique".

Exemple : "J'ai pris l'autobus à 2 heures. Il faisait très chaud. J'ai mangé au restaurant, chez Céleste, comme d'habitude." (Albert Camus)